Incendies à Bornéo : le super El Niño menace les orangs-outans

« Nous basculons dans l’inconnu. » Cette phrase de Sébastien Thomas, dans son bulletin météo télévisé, précédait la première des six canicules que la France a connues ces derniers mois. Elle illustre la situation extrêmement difficile qui est en cours à Bornéo et qui devrait durer, selon les dernières prévisions scientifiques, jusqu’en février 2027 !

Un « super El Niño » sans précédent.

Ce phénomène naturel et récurrent connaît cette année une intensité inédite, amplifiée par le changement climatique. L’accumulation de chaleur sur l’océan Pacifique (+3 °C) laisse prévoir l’El Niño le plus intense depuis le début des observations ! Ses conséquences sont déjà visibles :

  • des records de température, surtout dans les régions tropicales, mais aussi des records de chaleur en Méditerranée,
  • une saison qui, selon les scientifiques, se prolongera jusqu’en février 2027
  • des sécheresses intenses et des feux incontrôlables (notamment à Bornéo), et ailleurs des pluies diluviennes

À Bornéo, la situation est déjà plus grave que lors des grands feux de 1997-1998 et de 2015-2016.

Les tourbières sont un baril de poudre : un sol tourbeux asséché agit comme une éponge imprégnée de combustible. Une simple étincelle suffit, et le feu continue souvent de couver sous terre pendant des mois.

Fumées toxiques : les incendies génèrent une fumée dense qui affecte gravement les humains et les animaux et provoque des maladies respiratoires.

El Niño ne déclenche pas les incendies de lui-même. Cependant, la sécheresse fait en sorte que le feu puisse se propager à une vitesse fulgurante.

Carte des points de chaleur (hotspots) détectés à Bornéo et dans l'archipel indonésien.  Source : SiPongi+, Ministère indonésien de l'Environnement et des Forêts

Novita, 4 ans à peine, symbole de la souffrance d'une forêt qui brûle

Pendant des jours, la forêt a brûlé au centre du Kalimantan. Au beau milieu des flammes, tout en haut d’un des seuls arbres qui ne brûlent pas encore : une jeune femelle orang-outan, à peine 3-4 ans.

Piégée par les flammes

La première tentative de sauvetage a échoué à cause de la fumée et des flammes. Mais notre équipe n’a pas abandonné. Avec le ministère, l’armée et les pompiers, qui ont éteint le feu autour de l’arbre, le sauvetage a réussi le deuxième jour. 

Elle a des brûlures aux mains et aux pieds, mais Novita est en sécurité. Au centre BOS de Nyaru Menteng, sa convalescence commence maintenant. Les feux de forêt, intensifiés par le phénomène Super El Niño, menacent l’habitat des orangs-outans. Grâce à vos dons, vous permettez que des sauvetages comme celui-ci soient possibles.

Son éventuel retour en forêt fait l’objet d’une évaluation approfondie, car elle est très jeune. Pour l’instant, une chose est sûre : sans l’intervention des équipes, Novita n’aurait sans doute pas survécu. Elle illustre ce que les feux font à la faune sauvage, qui se retrouve piégée entre des zones en flammes et privée de toute issue.

 

Regardez la vidéo de son sauvetage:

Où en est BOS ?

Nos centres de Nyaru Menteng et de Samboja Lestari restent en vigilance constante face à la progression des feux et de la fumée.

  • Capacité d’accueil : nos équipes se tiennent prêtes à recevoir de nouveaux orangs-outans secourus, comme Novita, à tout moment.
  • Eau et fraîcheur : des réserves d’eau supplémentaires sont mobilisées pour les animaux et pour lutter contre les départs de feu.
  • Prévention des feux : des équipes patrouillent autour des centres et des îles pour détecter et contenir tout foyer naissant.

Nos îles sous tension

Plus de 100 orangs-outans vivent actuellement sur nos îles pré-relâcher, des refuges où ils apprennent à retrouver leur autonomie avant un retour en forêt. Avec la sécheresse, le niveau de l’eau qui les entoure baisse dangereusement, ce qui fragilise la protection naturelle de ces îles.

Certains orangs-outans ont déjà été rapatriés vers des zones plus sûres. Nos équipes surveillent la situation heure par heure pour anticiper tout risque et agir avant qu’il ne soit trop tard.

Santé respiratoire : 41 orangs-outans surveillés

La fumée des incendies ne menace pas seulement les orangs-outans directement exposés aux flammes. Elle affecte aussi la santé respiratoire de nombreux individus dans nos centres.

41 orangs-outans présentant des symptômes respiratoires sont actuellement surveillés de près par nos équipes vétérinaires. Ils bénéficient de soins de soutien adaptés, dans des espaces où la qualité de l’air est contrôlée autant que possible.

Comment nous aider ?

Les équipes ont besoin de drones standards et thermiques, de masques, de lunettes de protection, mais aussi d’essence pour se déplacer, de médicaments et de vitamines pour les orangs-outans. La fondation BOS s’est préparée depuis des mois à cette saison mais contrôle et renforce continuellement ses dispositifs. 

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